Le pronom relatif serbe koji (koja, koje)
S'il y a un point de grammaire serbe qui mérite qu'on s'y arrête, c'est bien le pronom relatif koji. Il fait le travail de nos qui, que, dont et lequel : il rattache une subordonnée relative à un nom. Mais koji porte beaucoup plus d'informations, et c'est là que l'apprenant trébuche. La règle a deux faces, et il faut les tenir ensemble. D'abord, koji s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il renvoie (l'antécédent). Cette information vient de l'extérieur de la relative. On emploie koji pour un nom masculin, koja pour un féminin, koje pour un neutre, et les formes du pluriel pour plusieurs êtres ou objets. Ainsi, dans « čovek koji radi » (l'homme qui travaille), koji est masculin parce que čovek l'est ; dans « knjiga koju čitam » (le livre que je lis), la forme est féminine parce que knjiga est féminin. Ensuite — et c'est ce qui surprend — le cas de koji dépend de sa fonction à l'intérieur de sa propre subordonnée, et non du nom resté dehors. Dans « čovek koji radi », koji est celui qui travaille : il est sujet, donc au nominatif. Dans « knjiga koju čitam », le livre est ce que je lis, le complément d'objet direct, d'où l'accusatif koju. Et dans « grad u kome živim » (la ville où je vis), la préposition u et l'idée de lieu imposent le locatif kome. Le genre et le nombre regardent dehors ; le cas regarde dedans. Le français offre ici un pont utile, mais partiel. Nous distinguons déjà le rôle : qui pour le sujet, que pour l'objet, dont pour un complément en de, et lequel s'accorde même en genre et en nombre après préposition (laquelle, auquel, dans lesquels). C'est exactement le réflexe « quel rôle dans la relative » qu'il faut mobiliser. Mais le français n'a pas de véritable système de cas : le serbe, lui, vous fait calculer et décliner la forme à chaque fois. L'erreur la plus fréquente est l'attraction : recopier sur koji le cas de l'antécédent. Tenté par « Vidim čoveka » (je vois l'homme, accusatif), on écrit à tort « Vidim čoveka kojeg radi ». Or l'homme est celui qui travaille — le sujet de la relative — donc nominatif : « Vidim čoveka koji radi ». Demandez-vous toujours : quel rôle koji joue-t-il dans sa propre subordonnée ? La réponse vous donne le cas.
Exemples
- čovek koji radi the man who works
- knjiga koju čitam the book that I'm reading
- grad u kome živim the city I live in
La leçon complète
Tout le contenu de la vidéo, en texte.
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Il existe un mot qui réunit deux phrases courtes en une plus riche, et c'est précisément là que la plupart des apprenants trébuchent.
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Le mot koji relie une proposition qui décrit à un nom. Avec lui, tu transformes deux phrases en une seule, et c'est le saut vers une vraie aisance.
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Voici le cœur de toute la règle. Le mot koji s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il renvoie, ça vient de l'extérieur. Mais il prend son cas de l'intérieur, selon son rôle dans la proposition qui décrit.
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Commençons par le plus simple. Quand koji est le sujet de sa proposition, il reste au nominatif. čovek koji radi
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Changeons maintenant de rôle. Ici, koji n'est pas celui qui travaille, mais celui que je vois, donc c'est l'objet. Voilà pourquoi il passe à l'accusatif et devient koga. čovek koga vidim
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Maintenant le nom est féminin, knjiga, donc on choisit koju, pas koji. Le genre s'accorde de l'extérieur et, comme le livre est l'objet qu'on lit, le cas est l'accusatif. knjiga koju čitam
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Quand une préposition arrive devant, c'est elle qui impose le cas. Dans grad u kome živim, la préposition u appelle le locatif, donc koji devient kome. grad u kome živim
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Certains verbes appellent le datif, et alors koji aussi. Le verbe verovati, faire confiance, régit le datif, donc dans prijatelj kome verujem la forme est kome. prijatelj kome verujem
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Soyons parfaitement clairs : le genre du nom te dit si tu choisis koji, koja ou koje. Le verbe ou la préposition à l'intérieur de la proposition te dit quel cas prend cette forme.
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Et voici le piège classique. Beaucoup forcent koji à s'accorder au cas du nom qui précède. Mais il ne le doit pas. Vidim čoveka, donc on croirait à un accusatif ; pourtant, s'il travaille, koji est le sujet de sa propre proposition et reste au nominatif.
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Regarde encore le même nom dans deux rôles. Auto koji vozim : ici la voiture est l'objet, donc koji se dit koji à l'accusatif pour une chose masculine. Même logique, il suffit de suivre le rôle. auto koji vozim
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Et au pluriel le principe tient : genre et nombre de l'extérieur, cas de l'intérieur. ljudi koji čekaju
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Retiens-le ainsi : genre et nombre de l'extérieur, cas de l'intérieur.