Le conditionnel en serbe (potencijal) : exprimer "je voudrais"
Si vous voulez formuler une demande polie, exprimer un souhait ou construire une phrase avec "si…" en serbe, vous aurez besoin du mode conditionnel, appelé potencijal. C'est l'équivalent du conditionnel français (je voudrais, j'irais, je dirais), mais il se construit d'une tout autre manière : il vaut donc la peine de regarder posément comment les pièces s'emboîtent. En français, le conditionnel est une terminaison unique que l'on ajoute au verbe : voudr-ais, ir-ais, dir-ais. En serbe, cette terminaison unique n'existe pas. Le conditionnel se forme en deux parties : une particule auxiliaire courte et le participe en -l du verbe principal (le radni glagolski pridev, la même forme que vous connaissez déjà du passé). La particule change selon la personne et provient de l'aoriste du verbe biti (être) : ja BIH, ti BI, on/ona BI, mi BISMO, vi BISTE, oni BI. Remarquez que la première personne du singulier se termine par -h (bih) et que "nous" ainsi que le "vous" pluriel/de politesse ont leurs formes propres (bismo, biste). C'est là que les apprenants se trompent le plus, gardez-le donc à l'esprit. La seconde partie, le participe en -l, s'accorde en genre et en nombre avec le sujet, exactement comme le participe passé s'accorde parfois en français (elle est venue / ils sont venus). Un homme dit "Želeo bih kafu" et une femme dit "Želela bih kafu" : les deux signifient "je voudrais un café", mais le participe passe de želeo à želela. Au pluriel, on aura želeli ou želele. Là où le français marque ce genre seulement sur le participe de certains temps composés, le serbe le marque systématiquement sur le verbe au conditionnel, y compris quand le sujet est "je". La particule est un clitique : elle ne peut pas se trouver en tête de proposition, elle occupe toujours la deuxième position. Vous pouvez dire "Ja bih došao", mais si vous commencez par le verbe, la particule se glisse juste derrière : "Došao bih." Imaginez que bih a besoin d'un appui : elle se place après le premier mot ou le premier groupe, jamais en tête de phrase. Le potencijal remplit trois fonctions du quotidien. Il adoucit les demandes et les rend polies : "Želeo bih kafu" est bien plus aimable qu'un sec "je veux un café". Il exprime les souhaits. Et il construit les phrases hypothétiques ou conditionnelles : "Kad bih imao vremena, putovao bih" — "Si j'avais le temps, je voyagerais." Dans cet exemple, la particule apparaît deux fois, une fois dans chaque proposition. En français, on emploie l'imparfait après "si" (si j'avais) et le conditionnel dans la principale (je voyagerais), alors que le serbe répète sa particule conditionnelle dans les deux propositions. Trois erreurs méritent d'être signalées. D'abord, n'utilisez pas "bi" pour toutes les personnes : un serbe soigné exige "Mi bismo došli", et non "Mi bi došli". Ensuite, ne supprimez jamais le -h de la première personne du singulier : "Ja bih rekao" est correct, "Ja bi rekao" ne l'est pas. Enfin, surveillez le genre du participe — "Ona bi došla" emploie le féminin došla parce que le sujet est elle. Choisissez la bonne particule, placez-la en deuxième position et accordez le participe avec votre sujet : votre conditionnel serbe sonnera alors juste. Un modèle rapide à mémoriser : "Šta biste radili?" — "Que feriez-vous ?" Une seule question qui montre la particule du pluriel de politesse (biste) et le participe accordé (radili) à l'œuvre ensemble.
Exemples
- Želeo bih kafu. I would like a coffee.
- Ona bi došla. She would come.
- Šta biste radili? What would you do?
La leçon complète
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Une toute petite particule transforme un ordre brusque en demande polie — et c'est justement là que la plupart se trompent.
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Le potencijal, c'est la forme du « je ferais » : pour les souhaits, les demandes polies et les phrases conditionnelles. Il se construit en deux parties : une particule auxiliaire et un participe passé.
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Voici tout le paradigme. La particule change selon la personne : ja bih, ti bi, on bi, mi bismo, vi biste, oni bi. Retiens que la première personne du singulier finit par un h — bih — et qu'au pluriel on a bismo et biste.
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La deuxième partie, c'est le participe passé — la forme qui s'accorde en genre et en nombre avec le sujet. Au masculin radio, au féminin radila, au pluriel radili. Joins la particule et le participe, et tu obtiens le potencijal.
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Commençons par l'usage le plus courant — la demande polie. Au lieu de dire « je veux un café », tu dis plus doucement : Želeo bih kafu.
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Si c'est une femme qui parle, le participe s'accorde au féminin — želela — et la particule reste bih. Želela bih kafu.
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La troisième personne utilise la particule bi. Devine ce que quelqu'un ferait : Ona bi došla.
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Pour le vouvoiement poli, avec vi, tu utilises biste. Attention — biste, pas bi. Šta biste radili?
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Passons à la règle de position. La particule bih, bi, bismo se comporte comme une clitique — elle veut la deuxième place dans la phrase. C'est pourquoi on dit Ja bih došao, et quand la phrase commence par le verbe, la particule vient juste après lui : Došao bih.
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Le potencijal porte aussi les phrases conditionnelles — le « si ». Dans la proposition principale, on met le potencijal : Kad bih imao vremena, putovao bih.
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Et voici le piège classique. À l'oral détendu, beaucoup utilisent bi pour toutes les personnes — mi bi, vi bi. Dans un parler soigné et correct, ça ne va pas : pour mi on dit bismo, pour vi on dit biste.
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Et un dernier détail qui trahit le locuteur : à la première personne du singulier, le h ne tombe pas. Ce n'est pas ja bi, mais ja bih.
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Retiens : la particule selon la personne — bih, bi, bismo, biste — plus le participe passé selon le genre, et le tout en deuxième position.